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L’auteur

Jimenez Julien, celui qui a compté les cartons

Retouria n’est pas né d’une étude de marché sur le commerce de détail du livre. Il est né d’un tableur bricolé un dimanche de janvier pour une libraire qui venait de comprendre qu’elle avait laissé filer, en un trimestre, un peu plus de six cents euros de titres devenus non retournables.

Portrait de Jimenez Julien, fondateur de Retouria et éditeur du service
Jimenez Julien, fondateur de Retouria, éditeur du service au sein de MLJ.

Ce que j’ai vu dans une réserve de librairie

J’ai commencé par accompagner de petites structures sur leur gestion documentaire, ces montagnes de papier que personne n’a le temps de relire et qui contiennent pourtant toutes les décisions à prendre. Une librairie de quartier m’a demandé un jour de l’aider à ranger ses factures fournisseurs. Je suis descendu dans la réserve. Il y avait quatorze cartons d’office ouverts, deux jamais ouverts, et une pile de notes de livraison retenue par une pince à dessin.

La libraire connaissait son métier mieux que quiconque. Elle savait défendre un premier roman, tenir un fonds de poésie, faire venir un auteur un jeudi soir. Ce qu’elle ne savait pas, ce jour là, c’était quels titres de cette pile étaient encore retournables. Chaque distributeur avait ses règles, elle les avait en tête de manière approximative, et la seule façon de trancher aurait été de reprendre chaque note de livraison, de relever la date de réception, puis de recalculer une fenêtre pour chaque ligne. Personne ne fait cela le samedi entre deux clients.

Nous l’avons fait ensemble, une fois, sur trois mois de réceptions. Cela nous a pris un après-midi entier. À la fin, deux constats. Le premier : environ six cent quarante euros de titres étaient sortis de la fenêtre pendant l’hiver, définitivement, sans qu’aucune alerte n’ait existé. Le second, plus troublant : en remontant les avoirs reçus des mois précédents, trois lignes retournées n’avaient jamais été créditées. Personne ne les avait réclamées, parce que personne ne comparait jamais un bordereau parti à un avoir arrivé.

Le tableur, puis le refus du tableur

J’ai livré un tableur. Il fonctionnait : une feuille par distributeur, des dates saisies à la main, une colonne de jours restants qui passait au rouge. Trois semaines plus tard, il n’était plus tenu. Non par négligence, mais parce que la saisie manuelle est une dette qu’aucune librairie de un à six salariés ne peut rembourser toutes les semaines. On ne demande pas à un libraire de ressaisir ce qu’un distributeur lui a déjà envoyé écrit.

C’est là que Retouria a commencé. Le principe tenait en une phrase : le libraire ne saisit rien, il fait suivre. Les documents existent déjà, ils arrivent par courriel, ils contiennent l’ISBN, la quantité, le prix net et la date. Il suffit de les relire correctement, de connaître les règles de chaque distributeur, et de faire l’arithmétique que personne n’a le temps de faire.

J’ai passé plusieurs mois à collecter ces règles. Conditions générales de vente, circulaires, courriers d’annonce de périodes fermées avant les fêtes, notes de service sur les accords de retour obligatoires. Puis j’ai fait relire chaque règle par des libraires qui les vivent, parce qu’entre le texte d’une condition générale et la pratique d’un service retours, il y a toujours un écart que seule l’expérience du comptoir permet de combler.

Pourquoi les avoirs plutôt que le stock

Beaucoup d’outils regardent le stock. C’est légitime, et les logiciels de librairie font ce travail correctement depuis longtemps. Mais le stock est une photographie, alors que la trésorerie d’une librairie est une suite d’échéances. Un exemplaire en rayon n’est pas un problème tant que sa fenêtre de retour est ouverte ; il le devient à la minute où elle se ferme, parce que le prix unique du livre et la remise plafonnée à 5 pour cent vous interdisent de le solder pour récupérer votre argent.

Le second trou, celui des avoirs, m’a paru encore plus injuste. Un libraire prépare son retour, ferme son carton, paie parfois le transport, et ne vérifie jamais si le crédit correspond. Ce n’est pas de la légèreté, c’est un travail de rapprochement que rien n’outille et que personne ne facture. Sur les points de vente que j’ai analysés, l’écart entre le montant expédié et le montant crédité tournait autour de mille cent euros par an. Pour une maison dont la marge se situe entre 30 et 36 pour cent, cet écart pèse plus qu’une bonne semaine de ventes.

Ma méthode et mes convictions produit

Aucune intégration imposée

Retouria ne se branche pas sur votre logiciel de librairie et ne demande aucun accès à votre caisse. Cette contrainte est volontaire. Elle protège votre exploitation, elle vous évite toute dépendance technique, et elle rend la mise en route possible en une trentaine de minutes, sans faire intervenir un prestataire. L’import de votre export de stock hebdomadaire reste facultatif : il affine le tri, il ne le conditionne pas.

Le logiciel propose, le libraire décide

Un moteur d’échéances ne connaît ni vos lecteurs, ni vos rencontres, ni la raison pour laquelle vous gardez trois exemplaires d’un titre difficile. Retouria classe, rappelle et chiffre. Il n’enlève jamais un livre de votre rayon, il ne signale jamais un titre comme une erreur. La décision reste entière, et elle reste la vôtre.

Des chiffres écrits, jamais arrondis vers le haut

Chaque montant affiché est calculé sur le prix net facturé, remise comprise, tel qu’il figure sur votre document. Quand une ligne est incertaine parce qu’un document est mal lisible, elle est présentée pour confirmation plutôt que devinée. Un outil de trésorerie qui exagère ses gains perd sa raison d’être dès le deuxième mois.

Le métier avant la technique

Je passe beaucoup de temps dans les réserves, aux rencontres professionnelles et dans les échanges des associations régionales de libraires. Les meilleures évolutions de Retouria sont venues de remarques faites debout, entre deux cartons : la distinction entre mise en place d’office et réassort, le traitement des périodes fermées avant les fêtes, la suggestion d’un transfert entre deux points de vente avant de renvoyer un titre au distributeur.

L’éditeur du service

Retouria est édité par MLJ, société par actions simplifiée à associé unique au capital de 500,00 euros, immatriculée sous le SIREN 934 769 837 et inscrite au registre du commerce et des sociétés de Paris depuis le 30 octobre 2024. MLJ conçoit et exploite des outils de gestion destinés aux très petites structures françaises, dans des secteurs où les logiciels existants traitent la comptabilité et le stock mais laissent de côté la décision qui coûte de l’argent.

Je suis le seul interlocuteur des libraires abonnés. Quand vous écrivez, c’est moi qui réponds, avec le dossier sous les yeux. Cette proximité est un choix d’organisation autant qu’un choix commercial : elle garantit que les remarques du terrain arrivent directement dans le produit, sans se perdre dans une chaîne de support.

Ce que j’écris dans La Fenêtre de Retour

Les neuf articles du magazine La Fenêtre de Retour sont parus le 3 septembre 2026. Ils reprennent, dossier par dossier, ce que je vérifie dans les réserves depuis deux ans: la règle du distributeur, le document qui date la réception, et le geste qui transforme un invendu en avoir crédité.

Me suivre et me joindre

Vous pouvez me lire ailleurs, ou m’écrire directement à jimenezjulien42@gmail.com. Si vous préférez commencer par une démonstration sur vos propres notes de livraison, le formulaire de la page d’accueil est la voie la plus rapide.

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